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La Crète vue par une crétoise…

Entretien avec Irène, membre de « Esmigia », notre coopérative partenaire en Crète

Irène est l’une des membres de notre coopérative partenaire en Crète*. Lorsque je l’appelle, c’est une voix rieuse, aux accents chantants, qui me répond. Crétoise d’origine, Irène habite Kalyves, une bourgade de bord de mer, proche du village de Tsivaras où nous accueillons nos voyageurs. Cette professeure de français et de grec aime l’histoire, les valeurs et les traditions de son pays et ne manque d’ailleurs pas de leur faire honneur… En effet, Irène maîtrise la langue grecque, où « chaque mot peut avoir un sens philosophique caché », et pratique également le chant et la danse crétoise.
Pour nous, elle a joué le jeu d’un entretien sur le thème « La Crète vue par une crétoise », afin de donner sa vision de la Crète, son beau petit pays qu’elle affectionne tant…

La Crète, une ode à la douceur de vivre

En Crète, la vie s’écoule à un rythme paisible. Irène en parle ainsi : « En Crète, nous gardons un rythme et une qualité de vie vraiment très agréables. Nous dansons, nous chantons, nous sommes ouverts au monde, nous aimons communiquer avec les autres, apprendre sur les autres cultures, et nous sommes respectueux envers les autres religions et les autres idées ». Ce « paradis » comme elle l’évoque, la fait se sentir riche à bien des égards : un climat doux, une ambiance chaleureuse, une bonne cuisine… et des personnes « solidaires, sincères, souriantes ».

Les crétois sont en effet connus pour avoir un fort sens de l’hospitalité et de l’accueil. Selon Irène, cela constitue « un élément de leur ADN […] il y a une solidarité immense, c’est comme une famille ». Cette proximité se retrouve davantage dans les villages crétois, où les habitants ont su garder un mode de vie plus traditionnel, que dans les grandes villes. Évidemment, Irène nous met en garde, il faut savoir distinguer l’accueil chaleureux du sourire commercial. Néanmoins, la Crète bénéficie réellement d’une tradition d’accueil ; ouvrir sa maison aux « autres », inviter à boire ou à manger, relève d’un geste quotidien, d’un réflexe.

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Le sens de la fête à la crétoise

Autre élément qui participe de la chaleur de l’accueil crétois : le sens de la fête. Cela va sans dire, les crétois aiment faire la fête, et notamment à l’occasion des nombreuses fêtes religieuses. Par exemple, en été, se tiennent les « panigiria », fêtes traditionnelles de village, le plus souvent données pour honorer un Saint (Saint-Jean, Saint-Luc, …), toujours agrémentées de danses et de chants crétois. Deux des danses les plus connues sont la « sousta », danse romantique, et le « pentozalis », à l’origine une danse montrant la force et le courage des vaillants guerriers.
Ces pratiques sont un peu plus détaillées dans notre « Que voir, que faire en Crète ». N’hésitez pas à y jeter un coup d’œil en cliquant ici puis sur la flèche déroulante !

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La Pâques orthodoxe en Crète

Autre occasion de faire la fête, et pas des moindres : la Pâques orthodoxe. C’est LA fête la plus importante de l’année en Crète, fruit d’une longue préparation. Théoriquement, le jeûne préalable dure 40 jours et débute après le mardi gras, semblable à la Carême des chrétiens. Pendant ce jeûne, les repas doivent être préparés sans viande, produits laitiers, poissons… et seulement avec des légumes et des légumes secs. Comme le résume Irène : « il ne faut pas manger pour ne pas polluer son âme… ».

Puis arrive la Pâques tant attendue : la « Grande Semaine », qui coïncide avec le début du printemps et le « grand ménage » du même nom ! La préparation des agapes et des repas dure plusieurs jours. Le samedi, pour remettre l’estomac d’aplomb, une soupe est préparée avec les abats de l’agneau du lendemain, accompagnée de salade, le tout servi avec du jus de citron. Le soir la messe célèbre la résurrection du Christ. Lors de cette soirée, une grande effigie de bois représentant la trahison de Judas est brulée sur le parvis de l’église.

Le dernier jour, le dimanche, les hommes se réveillent tôt pour préparer la viande dans l’optique du grand festin. Au menu, bien sûr, le fameux « agneau pascal », mais aussi des petits feuilletés garnis de hortas (des herbes cuites) mélangées avec un peu de fromage, du riz cuit dans les sucs de la viande et assaisonné de citron… Gare aux excès tout de même, car si le lundi est férié, l’estomac a besoin d’un peu de temps pour se remettre après tant de jours de diète !

Concernant la religion, Irène est baptisée mais n’est pas spécialement pratiquante ; cependant elle reste attachée aux coutumes, qui revêtent une importance traditionnelle. Au fil des générations, les relations que les crétois entretiennent avec la religion semblent s’être transformées. Comme elle l’explique : « les générations précédentes sont très attachées à l’église, la nouvelle aussi mais d’une autre façon. Les églises ne sont pas remplies, il n’y a pas une majorité non plus qui suit les messes… mais cela ne veut pas dire que les grecs ne croient pas en Dieu, comme appris à l’école, car l’école en Grèce est liée à la religion ». Les Popes gardent aussi une grande importance sociale, ils sont souvent un lien, un conseil et une référence dans leur village.

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Les incontournables en Crète… selon Irène

Son plat préféré : le « Chochlioí me vlita ». Kesako ? Des escargots à la sauce tomate avec des pommes de terre et des légumes qui « ressemblent à des épinards »… après quelques recherches, nous avons déduit qu’il s’agissait probablement de blettes !

Ses écrivains préférés : Níkos Kazantzákis, un écrivain et philosophe (auteur de La vie d’Alexis Zorba (1946), qui devint un film culte sous le titre Zorba le Grec (1964), mais aussi d’œuvres parfois controversées, comme La Dernière Tentation (1957). Vicenzos Kornaros, auteur de l’Erotókritos, magnifique poème épique de dix mille vers en langue crétoise. Alki Zei, une auteure réputée pour ses écrits à destination du jeune public, dont Le Tigre dans la vitrine et Grand-père menteur.

Ses endroits préférés pour sortir : les tavernes en bord de mer pour manger du poisson ou boire un verre d’ouzo, le café Esmigia à Douliana, ou d’autres restaurants, cafés ou tavernes à l’ambiance chaleureuse.

Son musée préféré en Crète : le musée Eleutherna, près du village de Margarites. Ce musée est le seul en Grèce à présenter des objets caractéristiques de l’époque d’Homère et révéler ainsi l’exactitude des vers de l’Iliade qui décrivent le bûcher des funérailles de Patrocle, préparé selon la tradition crétoise. Une nécropole se situe derrière le musée.

Ses plages préférées en Crète : Falassarna, à l’ouest, ou encore Kiani Akti (qui signifie « Côte d’Azur ») à Apokoronas, car on y trouve beaucoup d’oiseaux et l’endroit est magnifique, même si l’eau y est fraîche…

Ses balades préférées : au bord de la mer, c’est là qu’elle se ressource, et les balades dans la ville de La Canée (le vieux port, la vieille ville).

Son endroit « coup de cœur » : un endroit d’où l’on peut apprécier la beauté du panorama sur la ville de La Canée, situé à proximité d’un café, le « Koukouvaya ».

Les incontournables en Crète pour un voyageur curieux : selon Irène, il ne faudrait pas manquer « de connaître un habitant, vivre avec lui quelques moments, partager et apprendre […] se trouver chez lui et cuisiner avec lui, prendre un café grec dans le café du village, suivre une messe à l’église pour voir comment ça se passe, apprendre la langue, quelques dialogues pour communiquer avec les grecs. C’est le plus important. Les coins touristiques on peut les trouver sur n’importe quel site. »

Sa saison préférée : Quand il fait chaud et beau ! En Crète, les trois saisons les plus agréables sont le printemps, l’été et l’automne car les crétois vivent dehors et les températures sont agréables, il y a de nombreuses activités de plein air.

Et un petit mot de la fin pour nos voyageurs ? : « Venez, venez, c’est un endroit riche, on offre vraiment beaucoup d’activités, on va parler échanger, manger, chanter ensemble, on va s’amuser. Et en même temps on va apprendre. Il ne s’agit pas seulement d’entrer dans le pays sans comprendre l’histoire, la mentalité et la valeur du pays […] ».

*La coopérative Esmigia, notre partenaire pour un voyage équitable et solidaire en Crète, a pour objectif d’encourager les activités locales. De la production artistique à l’agriculture en passant par les actions culturelles et sociales, ou encore la préservation de l’environnement… son champ d’action est vaste.

Esmigia (qui signifie « rencontres » en grec) a repris l’activité du café du village de Douliana, si important pour la vie sociale du village. Des évènements de sensibilisation à l’environnement y sont organisés, des séminaires de botanique, des ateliers de pain, de savon… ainsi que des concerts de musique traditionnelle crétoise et grecque. Le café abrite aussi une petite épicerie proposant des produits locaux et biologiques.

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